Siem Reap, temples d'Angkor

Comment ne pas aller a Siem Reap visiter les temples d'Angkor quand on est au Cambodge ? 

 

J'y étais déjà allée il y a quelques années avec mes parents et dans mes souvenirs il faisait chaud et humide et c'était très grand.

 

04/03/16 :

15h : Nous partons en bus avec Victoria pour Siem Reap. Après un long trajet de 8h agrémenté de karaoké et comédies khmères, nous arrivons enfin. Nous avons réservé une chambre à Tom & Jerry Guesthouse (6$ avec ventilo).

 

05/03/16:

4h30 : Le réveil sonne, nous partons voir le lever du soleil. Un tuktuk parlant français que nous avons réservé au préalable vient nous chercher a 5h devant notre guesthouse et nous emmène sur le site (20$/j)

Au stand des tickets, la dame m'a demandé 3 fois si je n'étais pas khmère et moi j'ai répondu 3 fois que j'étais française. Il était 5h je n'étais pas bien réveillée. Si j'avais dit que j'étais khmère et j'aurais pu entrer gratuitement sur le site.

Nous arrivons dans le noir, mais des centaines de touristes sont déjà là, pour prendre LA photo du temple se reflétant dans l'eau. Nous en profitons pour visiter Angkor Wat avant que les touristes n'envahissent le temple. 

Puis nous revenons sur nos pas pour nous aussi profiter du soleil qui apparait au-dessus d'Angkor Wat. 

Et ensuite commence notre visite infernale. Je ne sais pas ce que nous avons fait, mais nous avons fait le grand tour en une journée, alors qu'il en faut normalement deux ou trois pour bien apprécier le lieu.

 

11h: Nous nous arrêtons pour manger un bout, je suis complètement amorphe, l'absence de petit-déjeuner et la chaleur y sont sûrement pour quelque chose. 

A chaque entrée de temple, notre chauffeur de tuktuk parie avec ses collègues tuktuk sur ma nationalité et ils en sont arrivés à la conclusion que j'étais 50% khmère, 50% vietnamienne et 50% française. 

 

15h : Nous avons fini le tour, nous décidons de rentrer. Nous sommes totalement à plat et avons du marcher plus de 20kms à travers et autour des temples et avons du monter plus de 1000 marches. Nous rentrons à la guesthouse prendre une douche bien méritée et faire la sieste. 

 

19h : Je retrouve Mathilde, Samuel et sa collègue Salitt à un restaurant bbq khmère. Les serveurs ne parlent pas un mot d'anglais et je me retrouve avec un poulet à l'ananas super épicé immangeable alors que j'avais commandé un steak bbq. Après quelques mots avec le serveur, ils changent mon plat et me voila enfin avec un plat qui ne va pas me trouer l'estomac !

 

06/03/16

10h : Je prends un tuktuk pour la journée pour aller voir le Tonlé Sap et les villages flottants. 

J'en trouve un qui me prend 10$ la journée, ce qui est tout à fait honnête. Il m'emmène au Tonlé Sap ou je prends un bateau qui m'emmène voir Chong Kneas. Mais en fait c'est un attrape-touriste. Une fois sur place, on me demande d'acheter 50kilos de riz pour une école, et comme je refuse car je n'ai pas assez d'argent sur moi, je n'ai finalement pas le droit d'aller voir cette école. Ensuite, on m'arrête dans une ferme aux crocodiles et il s'avère que c'est un stand de vente de souvenirs, avec des prix affichés bien supérieur à ceux qu'on peut trouver au Marché Russe à PP. Et en sortant, le guide me demande un pourboire pour lui et les conducteurs du bateau. Je ressors totalement déçue de ce tour en bateau qui à mon sens est une arnaque. 

 


Siem Reap, Musée de la Guerre

Durant mon weekend à Siem Reap le weekend du 5/6 mars, je me suis rendue au musée de la guerre. Arrivée à 9h du matin, j'ai du attendre qu'un groupe me rejoigne, car les guides ne font pas de visites individuelles. Enfin un groupe de 6 Australiens et un couple d'Américains m'ont rejointe et nous avons enfin pu commencer la visite.

Dans le jardin du musée, de vieux tanks, chars, fusils, trucs antiaériens.. (voir photos) étaient exposés.

 

Mon guide, Mr Cat (c'est un surnom qu'on lui a donné pendant la guerre), un vétéran des Khmères Rouges,  nous a livré un témoignage très poignant de la guerre civile entre Khmères Rouges et ses opposants. 

Il porte de multiples des traces physiques de cette guerre : 34 fragments en tout genre dans le corps (balles, grenades, ...), brûlure du flanc droit par un bazooka, prothèse à la jambe droite car il a marché sur une mine, et il ne voit plus que d'un oeil.

 

Voici des faits qu'il nous a raconté et qui m'ont particulièrement touchée:

- Lorsqu'il avait 8 ou 9 ans, il est parti chercher à manger pour sa famille vers 8h du matin, et quand il est revenu aux alentours de 10h, toute sa famille avait été exécutée par les Khmères Rouges. 

- Devenu enfant soldat, il a vu 6 de ses amis exploser à cause d'une grenade pas lancée à temps par l'un de ses amis

- Il nous a fait porter un fusil assez lourd, utilisé par les enfants soldats. Le fusil étant lourd pour des enfants, une fois que ceux-ci avait fini leurs munitions, ils devaient garder la dernière balle pour se suicider. 

- Nous avons regardé à l'intérieur d'un tank, où se trouvaient encore deux chaussures ainsi que deux os (du tibia et je ne sais plus lequel) d'un soldat n'ayant pas eu le temps de s'extirper à temps et qui a explosé à l'intérieur. 

 

Sur les murs des différentes cabanes du musées, des centaines de photos des victimes des champs de mine, des enfants soldats étaient exposées.

Un arsenal de grenades, de fusils était visible, et le guide nous a expliqué qu'il existait différentes mines. Les plus petites ne faisaient "que" perdre une jambe tandis que les plus grosses, rectangulaires, sciaient les deux jambes en un souffle. 

 

Après cette visite, le groupe d'Australiens, bien que choqué et compatissant envers le guide, n'a rien trouvé de mieux que d'escalader des tanks et de prendre des armes en main pour se prendre en photo. Les Américains, qui n'étaient même pas au courant que le Cambodge avait subi une guerre civile archi sanglante avant de faire le musée, sont repartis illico presto et ne sont pas restés pour voir les véhicules de guerre et lire les témoignages. 

 

C'est lors de ces visites qu'on commence à comprendre l'ampleur du conflit qui a frappé le pays il y a 40ans, les horreurs qu'ils ont du vivre, la douleur supportée depuis tout ce temps, et les séquelles psychologiques et physiques de la guerre sont encore là. Aujourd'hui encore, des Cambodgiens sautent sur des mines, posées par l'armée des Khmères Rouges dans sa lutte contre le Vietnam.

Entre les Américains en guerre contre le communisme au Vietnam et les les bombardements du régime des Khmères Rouges, la quantité de bombes lâchée durant le régime des Khmères Rouges est estimé à 2,76 millions de tonnes, soit plus que la totalité des bombes lâchées par les forces alliées pendant la 2nde Guerre Mondiale (National Geographic).

 

Bref, ce fut une visite courte mais très intense et je suis ressortie de là avec le moral dans les baskets!

 

Photos ici 

31/01/16 : Koh Dach, île de la Soie